Le mercredi 23 avril, j’ai eu l’opportunité d’écouter Zack Kass, Futurist of AI & Former Head of Go To Market chez OpenAI, lors d’une conférence sur l’avenir de la recherche d’information.
« La bascule est déjà en cours. Les humains ont naturellement l’habitude d’interagir selon une logique question → réponse. Avec Google, vous obtenez des liens. Avec l’IA, vous obtenez une réponse, comme le ferait un humain, un expert. Les mots-clés ne sont plus ce qui importe le plus : c’est le bon contenu, pour le bon utilisateur. La recherche par IA n’est pas un simple outil. C’est une nouvelle forme d’intelligence, qui travaille pour vous, et non pour la création de revenus publicitaires. » – Zack Kass
Ce propos appelle à la réflexion. Il incarne un tournant : la recherche devient un processus cognitif.
La recherche traditionnelle : une interface dépassée ?
Google Search a longtemps fonctionné sur un modèle hérité du Minitel : une interface centrée sur le texte, peu interactive, orientée résultats — une liste de liens, sans interaction ni dialogue. Google tente d’évoluer avec QBST (Query-Based Salient Terms*), lancé fin 2024 (peu visible côté utilisateur, mais stratégique pour Google). Cette initiative cherche à mieux capter l’intention et structurer les résultats. C’est un pas, mais encore éloigné de l’expérience offerte par les IA génératives comme Perplexity, ChatGPT, Claude, Mistral ou Gemini.
*salient terms : termes saillants extraits de la requête.
L’IA conversationnelle : un miroir de la psyché humaine
La recherche par IA ne se contente plus de répondre : elle engage un dialogue. À chaque question succèdent d’autres questions, des reformulations, des compléments, des nuances. Elle devient un véritable partenaire cognitif, qu’elle soit conversationnelle, agentique ou dopée au RAG (Retrieval Augmented Generation).
Search et IA : sommes-nous acteurs d’une dynamique prédatrice des usages passés en matière d’accès à l’information ?
Avant d’analyser les leviers de ce basculement, et prendre des raccourcis un peu trop rapides, il est important de rappeler une interdépendance souvent sous-estimée. Les grands modèles de langage (LLMs) qui alimentent ChatGPT et consorts ne créent pas de savoir ex nihilo. Ils s’appuient massivement sur des corpus issus du web dont l’architecture et l’indexation ont, depuis plus de 20 ans, été façonnées par Google Search et les autres moteurs traditionnels. Sans cette immense cartographie de l’information (articles, blogs, publications, forums, wikis), les LLMs manqueraient d’une grande partie de la matière dont ils se nourrissent. Cette réalité ne remet pas en cause le changement qui s’opère, mais elle en éclaire les conditions. L’IA ne remplace pas entièrement le Search : elle en prolonge, synthétise et transforme les apports. Cette dépendance n’est pas neutre : si demain Google limitait l’accès à son index, c’est tout l’écosystème IA qui pourrait être affecté.
Pourquoi la recherche par IA tend à devenir la nouvelle norme (et pourquoi c’est une transformation prégnante)
Recherche par IA : une tendance qui monte en puissance
1. Déclin du SEO traditionnel : Les règles de visibilité héritées de l’ère Google cèdent la place à l’utilité réelle des contenus.
2. Interaction naturelle et compréhension : L’IA favorise une expérience fluide, humaine, alignée sur nos attentes cognitives.
3. Résonance sociale et cognitive : L’interaction conversationnelle fait écho à notre instinct grégaire, en recréant une forme de dialogue qui humanise notre rapport à la technologie.
Un outil puissant… mais pas infaillible
Même si les derniers modèles sont plus rapides et parfois plus frugaux, les tests PersonQA et Translucide (avril 2025, o3 et o4-mini) montrent que les hallucinations restent fréquentes. Valider, croiser, challenger les réponses et vérifier les sources sont un passage obligé pour garantir un résultat pertinent. La recherche par IA est un outil puissant… mais pas encore infaillible, en cela, elle serait presque humaine.
Vers une nouvelle ère de la connaissance
Nous entrons dans une ère où l’information ne sera plus simplement cherchée, mais co-construite, synthétisée, contextuelle. Ce changement de paradigme impacte :
- la stratégie de contenu des marques
- les parcours utilisateurs
- le SEO, en mutation vers l’AIO (ou AEO ou GEO) pensé pour les IA (ChatGPT, Claude, Mistral, Perplexity, Manus AI, Gemini…)
- le contenu des pages web, conçu pour les humains comme pour les intelligences artificielles
- et notre capacité à apprendre, comprendre… et décider plus vite, plus efficacement, une étape sur le chemin de l’Homo exocortex, une figure anticipée par Ray Kurzweil, l’un des plus grands futuristes technologiques de notre temps, et expérimentée par l’entreprise controversée Neuralink d’Elon Musk.
Si la recherche par IA ne remplace pas encore Google, elle redéfinit déjà les attentes en matière d’accès à l’information. Ce qui devient prégnant, ce n’est pas la disparition d’un modèle, mais l’émergence d’un autre.
Et une très probable cohabitation de deux modèles qui finiront un jour par fusionner… Perplexity et ChatGPT ont d’ailleurs annoncé l’achat en ligne conversationnel, une avancée vers cette convergence.
Et vous, utilisez-vous l’IA comme un simple outil… ou comme un véritable allié dans vos choix stratégiques ? Exploitez-vous pleinement le potentiel de l’IA pour accélérer vos prises de décision ?
Vos retours sont les bienvenus. Si ces enjeux vous interpellent, je serais ravi d’en discuter avec vous.
📩 Envie de comprendre comment adapter vos contenus (textes, visuels) et vos process à cette nouvelle ère ? Parlons-en.
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